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Julien Éouzan aime l’actrice Isabelle Huppert. Mais pour lui, pianiste est un rôle à temps plein. Des cheveux bouclés, des yeux bleus, une chemise blanche à fines rayures : celui qui dit avoir « un besoin maladif de la scène » a, sans le vouloir, des airs de jeune premier.

Pourtant, Julien a déjà une idée bien précise de son futur métier et livre une interprétation pleinement moderne de sa discipline : « Il faut anticiper ce que pourra être le public de demain. » Si le récital « figé » n’a pas dit ses dernières notes à Pleyel ou au Carnegie Hall, la tendance est à l’innovation, au concert électroacoustique, à l’improvisation générative et au sound-painting.

À tel point que, pour le jeune pianiste, « le conservatoire devrait s’appeler innovatoire ». « La musique contemporaine, celle de Pascal Dusapin ou Tristan Murail est véritablement faite pour être jouée […]. Le cadre formel du solfège tant à disparaître. »

Plus vite que la musique

À 4 ans, Julien connaît moins Schubert que Gainsbourg dont il récite toutes les chansons sur le bout des doigts. Entre deux Poinçonneurs des Lilas, il s’entraîne à rejouer les mélodies du fumeur de gitanes sur la petite partie non désaccordée du piano familial. À 9 ans, il commence à prendre des cours particuliers. À 10, sa professeur déclare qu’elle ne peut plus rien pour lui.

Ce dimanche, Julien Eouzan-Kostioutchic, professeur de piano au conservatoire à rayonnement départemental de Valenciennes, est en concert ce dimanche à l’auditorium de musique.

Rencontre avec Julien Eouzan, pianiste, originaire de Ham. Tout a commencé lorsqu’il était petit. « Chez mes parents, il y avait un vieux piano désaccordé. Je jouais de manière instinctive. Pour moi, c’était évident. J’ai commencé l’instrument en même temps que le solfège. Je jouais beaucoup de piano en regardant les concerts à la télévision. »

Vendredi soir à l’église d’Annezin, pour la deuxième rencontre des Musicales en Artois, Jean-Marie Duquesne et son équipe ont donné carte blanche à de jeunes talents.

Il est rare d’écouter exclusivement un récital de piano à quatre mains. C’est pourtant ce qu’ont proposé Les Samedis de la Cantoria, samedi 19 novembre, au centre intergénérationnel de Beaumont. Les deux pianistes avaient choisi de jouer les plus belles pages du piano à quatre mains, avec des oeuvres de grands compositeurs dont Mozart, Schubert, Brahms et Fauré. La belle prestation des deux musiciens pendant plus d’une heure a fait l’unanimité, vu les applaudissements et les trois rappels à la fin du concert.

Six jeunes musiciens diplômés de conservatoires donneront un concert gratuit […] intitulé « Vers la nuit ». « L’accès à la musique nous semble si important qu’il ne doit pas pouvoir être limité par des questions financières. » Des musiciens si passionnés par leur art qu’ils ont créé une association, Ondes nomades.

Pour ce deuxième rendez-vous de la saison, l’accent a été mis sur le piano, afin d’offrir aux spectateurs des oeuvres grand public. Anne Cusin-Panit et Julien Eouzan ont interprété avec talent des oeuvres de quatre compositeurs : Mozart, Schubert, Brahms et Fauré.